Un patient américain du Nevada a été testé positif pour le SARS-CoV2 48 jours après une primo infection confirmée par un test PCR. Dans l’intervalle entre les deux infections, les tests réalisés au cours du suivi se sont révélés négatifs. Contrairement à ce qui était attendu, les symptômes de la seconde infection étaient plus sévères.

L’analyse génétique des virus a montré que le patient avait été infecté par deux SARS-CoV2 génétiquement différents. L’exposition préalable au SARS-CoV2 pourrait donc ne pas garantir une immunité efficace dans tous les cas.

Le 18 avril dernier, un patient de 25 ans manifestant des symptômes de COVID légers depuis un mois (toux, maux de gorge, céphalée, diarrhée) s’est présenté dans un centre de dépistage de la COVID-19. Après avoir été testé positif par RT-PCR et avoir subi un examen clinique ne mettant en évidence aucune comorbidité ni aucun dysfonctionnement immunitaire, le patient a été mis en quarantaine. Après la résolution des symptômes, deux tests de RT-PCR ont été effectués et se sont révélés négatifs. Un test sérologique a montré la présence d’IgG et d’IgM anti-SARS-CoV2. Toutefois, 48 jours après le début des symptômes de la primo-infection, le patient a développé une forme plus sévère de la maladie nécessitant une prise en charge hospitalière.

Plusieurs cas de réinfection ont été mis en évidence ces derniers mois en Equateur, en Belgique, aux Pays-Bas et à Hong Kong mais c’est le premier cas rapporté avec une augmentation de la sévérité des symptômes.

Trois hypothèses ont été avancées pour expliquer ce phénomène. Premièrement, il se peut que le patient ait été infecté par une charge virale plus importante que celle de la primo-infection. Deuxièmement, il est possible que la réinfection ait été causée par une version plus virulente que le premier virus. Troisièmement, il se peut qu’il y ait eu un renforcement du mécanisme d’infection suite à la production d’anticorps lors de la primo-infection – effet nommé « antibody-dependent enhancement ». Dans cette dernière hypothèse, les récepteurs Fc exprimés à la surface de cellules immunes seraient une porte d’entrée supplémentaire au virus par l’intermédiaire des anticorps produits.

Les auteurs de cet article n’ont pas eu l’opportunité de vérifier cette dernière possibilité. Par contre le séquençage du virus lors des deux épisodes d’infection a mis en évidence la présence de deux spécimens différents appartenant toutefois au même clade. La probabilité que le virus ait évolué de manière naturelle in vivo chez ce même patient étant très faible, il se peut que le patient soit un cas rare de réinfection par une souche de SARS-CoV2 qui a échappé à la réponse immunitaire naturelle développée lors de la primo-infection.

La mise en évidence de ce cas rare soulève des questions sur l’efficacité de la vaccination qui pourrait ne pas être à 100% protectrice pour tous les individus.

Tillett R. et al. Genomic evidence for reinfection with SARS-CoV-2: a case study. Oct. 2020. The Lancet. http://doi.org/10.1016/S1473-3099(20)30764-7

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