Une des stratégies pour lutter contre le SARSCoV-2 est le développement d’une réponse immune contre le virus. Cette réponse immune pourrait être le résultat d’une infection ou d’une vaccination mais à l’heure actuelle, personne ne sait si les anticorps anti-SARS CoV-2 sont protecteurs. Dans les années 1990, le groupe de David Tyrell a exposé des volontaires sains au coronavirus 229E responsable de pathologies respiratoires légères. Un an plus tard, certains ont été exposés une deuxième fois au virus et ont à nouveau développé la maladie. Ce qui démontre que l’immunité protectrice était de courte durée (Callow et al. 1990).

Alors que, pour la plupart des maladies infectieuses, le développement d’anticorps contre des protéines du pathogène protège contre l’infection, cela ne semble pas être le cas pour d’autres. Le HIV, la Dengue et le coronavirus félin utilisent la production d’anticorps anti-viraux pour augmenter leur infectivité (antibody dependant enhancement ou ADE).

Etude du mécanisme

En 2014, une équipe chinoise a étudié ce mécanisme sur un modèle de promonocytes in vitro et a suggéré un mode d’action commun au SARS CoV responsable de l’épidémie de 2003 et aux virus cités plus haut.

Pour pénétrer dans la cellule, le SARS CoV se lie non seulement au récepteur ACE2 mais peut aussi utiliser alternativement des récepteurs Fc (FcR) (récepteurs aux anticorps) et des récepteurs au complément. L’équipe de chercheurs a montré que l’infectivité du virus était augmentée en présence d’anti-sera dilués et d’anticorps monoclonaux anti-protéine S et que les taux d’expression de mRNA de TNF alpha, d’IL4 et d’IL6 étaient augmentés dans les cellules infectées. Ils ont suggéré que l’anticorps lié au virus interagissait avec son récepteur FcR, ce qui favorisait son entrée dans la cellule.  Des anticorps contre différents domaines de la protéine S ont été produits et ont donné des résultats différents. Certains avaient la propriété de bloquer l’infection, d’autres d’augmenter l’infectivité du virus (Wang S et al. 2014).

Ces découvertes soulignent l’importance de tester l’inocuité d’un vaccin dans un modèle animal avant de procéder à la vaccination de la population humaine.

Une publication sortie en avril 2020 (Wu F et al.) montre que les patients qui récupèrent de l’infection au SARS CoV-2 ont développé des anticorps neutralisants. Toutefois, le titre de ces anticorps est nettement plus élevé chez les personnes âgées. Vu que ce groupe est aussi la population la plus à risque, la question se pose de savoir si ces anticorps jouent un rôle dans le développement des cas les plus sévères.

Affaire à suivre…

Bibliographie

  • Callow K et al. The Time Course of the Immune Response to Experimental Coronavirus Infection of Man. Epidemiol. Infect. 105 (2) 435-46. 1990-https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/2170159/
  • Wang S et al. Antibody-dependant SARS coronavirus infection is mediated by antibodies against spike proteins. Biochemical and Biophysical Research Communications.  2014 pp 208-214.
  • Wu F et al. Neutralizing antibody responses to SARS-CoV-2 in a COVID-19 recovered patient cohort and their implications. 2020. https://doi.org/10.1101/2020.03.30.20047365.

Texte proposé par Dr Mireille Baptist PhD
Consultante scientifique Laboratoire MGD

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